EDITH PIAF - LES DERNIERS JOURS

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Tout a été dit sur Edith Piaf, sur son enfance, sa carrière, ses amours, son talent inestimable et son lien sacré avec le public... avec les publics, car Edith Piaf a largement dépassé les limites de l'Hexagone.

Et pourtant, la dernière période de sa vie est méconnue, voire oubliée. Oubliés les malaises, les hospitalisations, les fins de représentations au bord de l'évanouissement, les comas.

Contre l'avis de ses proches, elle préparait pourtant une tournée aux États-Unis, dopée par son extraordinaire envie de faire plaisir et de continuer à chanter. "Si je ne chante plus, je meurs", dira-t-elle à Pierre Desgraupes.

En 1960, les médecins déclarent la « Môme » finie pour la chanson : trop d'excès, de maladies, d'épuisement.

Et puis c'est l'Olympia qui va mourir.  Pour sauver la salle, Piaf accepte de rechanter. Elle Chante « Je ne regrette rien

Elle se met à tourner sans fin, en dépit de ses malaises entre deux chansons. Les journalistes la suivent partout, persuadés qu'elle va mourir sur scène. « C'était la tournée suicide, se souvient sa secrétaire. On la voyait minable en coulisses.

Elle entrait en scène, quelque chose se passait, et ça allait. Elle faisait l'amour avec le public.

A 46 ans, Edith Piaf épouse son dernier mari, le jeune chanteur Théo Sarapo, 26 ans.

Un an et un jour plus tard, elle sera morte.

Sans jamais rétrograder d'une vitesse, même dans les virages les plus dangereux. 

Ce fût le 10 octobre 1963.

Durant la nuit, on transporta son corps en catimini du sud de la France à son appartement du boulevard Lannes à Paris.

Le lendemain, son médecin produisit un certificat de décès postdaté, et ainsi la légende qui veut qu'Edith Piaf et Jean Cocteau soient morts le même jour perdure encore... "Vaincre la mort, c'est notre truc à nous", lui avait écrit Jean Cocteau.

Un truc dont ils perdirent le secret le 11 octobre 1963.

Danièle Bonel, sa secrétaire particulière, Robert Burlet son chauffeur et Charles Dumont apportent leurs témoignages inédits sur les derniers jours d'Edith 

Quelques notes sur sa vie

D'après une légende, elle serait née, le 19 décembre 1915 sur un trottoir de Belleville dans le 20° arrondissement de Paris. Il faisait très froid ce jour là et l'accouchement était déjà terminé lorsque l'ambulance arriva pour transporter la mère et la fille à l'hôpital. La mère d'Edith était une chanteuse très douée mais qui n'arrivait pas à percer. Son père Louis Gassion, acrobate, ambulant se produisait d'avantage au coin des rues que dans des salles. Dans sa prime enfance, la petite Edith va traîner de bistrot en bistrot avec ses parents pour qui elle était un handicap. Bientôt, ses géniteurs vont la placer chez sa grand-mère qui tenait une maison close à Bernay en Normandie. Bien qu'un bordel ne soit pas le "Couvent des Oiseaux", elle trouvera y trouvera un peu tendresse et d'amour maternel avec les prêtresses de ce temple de "Vénus Aphrodite" dont certaines étaient aussi mamans avec des enfants en nourrice.

Vers l'âge de quatre ans, en 1919, Edith perd soudainement la vue. C'est vers cette époque que sa sensibilité musicale va s'éveiller. Sur ce sujet, une histoire, vrai ou fausse, circule. Constatant l'insuccès de la médecine pour lui rendre la vue, tenant compte de la renommée grandissante de "Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus" en voie de béatification, à qui l'on attribuait bien évidemment des miracles, sa grand-mère ferme la maison close et met le cap sur Lisieux avec toutes les filles du bordel. Enthousiasmées par la nature de cette nouvelle mission, les "prêtresses de Vénus" brûlent des cierges et récitent avec ferveur les prières de leur enfance dans l'espoir d'un miracle. Et voilà que vers ses huit ans, Edith retrouve la vue ! Ce bruit de miracle dans un lupanar scandalise les bien-pensants qui jugeaient l'endroit inapproprié à ce genre d'exercice. Puis, sa mère biologique va abandonner son mari et sa fille pour aller vivre sa vie.

Lorsque  Edith atteignit ses neuf ans, son père pensa qu'il était grand temps de lui apprendre le métier. Le père et la fille vont alors chanter dans les rues, de ville en ville, tantôt en France, tantôt en Belgique. Et bien qu'une petite fille était sensée attirer la sympathie, la pitié et l'argent dans les quêtes, la recette de chaque jour restait toujours aléatoire.  Le répertoire de la petite diva se limitait à cette époque à La Marseillaise, à Nuit de Chine et Voici mon cœur qu'elle chantait avec une surprenante puissante vocale qui fascinait le public. Son père, à défaut de lui manifester son affection, lui révèlera sa vocation de chanteuse.

Puis un jour, elle décide de continuer toute seule. Elle devient une "hirondelle des faubourgs" comme on disait en ce temps là ! C'était maintenant une femme dans un corps de fillette. Edith va vivre quelques mois avec un jeune livreur, le temps de tomber enceinte et d'avoir une fille, "Marcelle" qui va mourir deux ans plus tard d'une méningite. Le choc est si terrible qu'elle échoue à Pigalle dans les bras d'un souteneur. Les raclées pleuvent mais elle refuse de se prostituer. A 19 ans la chance s'empare de sa destinée. Cette fille squelettique, anguleuse, mesurant seulement 1,47 m, pourvue d'un grand front sans sourcils, des cheveux rares et ternes, attire l'attention du manager Louis Leplée qui l'engage, la fait travailler, l'introduit dans le Showbiz de l'époque et lui fait enregistrer, en 1936, son premier 78 tours. Deux ans plus tard Leplée, qui fricotait avec le "Milieu", est assassiné mais Edith est lancée.

En 1936, elle tourne son premier film "La Garçonne". En 1940, elle rencontre le comédien Paul Meurice qui sera son compagnon pendant deux ans et lui apprendra les bonnes manières. A la fin de l'été 1944, elle rencontre Yves Montand, tombe amoureuse de lui et prend en charge toute sa carrière. Ils tournent ensemble un film en 1945 "Etoile sans lumière". Mais Montand avec son magnétisme personnel attire beaucoup les femmes. Ce qui va déplaire à Edith qui va rompre brutalement leur liaison, sans doute par jalousie. Elle se liera d'amitié avec Sacha Guitry, Jean Cocteau, Bruno Coquatrix, Marlène Dietrich. En 1947, elle tombe amoureuse du célèbre boxeur Marcel Cerdan dont la mort dans un accident d'avion, le 28 octobre 1949, lui brise le cœur. C'est le début d'une longue dépression. Fragilisée, elle se jette à fond dans le mysticisme et le spiritisme.

En 1950, elle rencontre Charles Aznavour qui devient son homme à tout faire, secrétaire, chauffeur et confident. En 1951, elle rencontre et aide Eddy Constantine à devenir célèbre. Vers cette même époque, elle va avoir deux accidents de voiture et pour calmer ses douleurs, on lui administre de la morphine dont elle restera longtemps dépendante. Mêlée à l'alcool, ce mélange va par la suite gravement altérer sa santé. Elle épousa, en juillet 1952, en grande pompe à l'église, Jacques Pills dont elle divorcera par la suite. En 1956 elle subira plusieurs cures de désintoxication et ne touchera plus à l'alcool. Elle aura une quantité d'amants. Mais, elle semblait frigide et avoua un jour en privé n'éprouver aucun plaisir dans l'acte sexuel. Un autre jour, elle confia à une amie : "Parfois, je donnerais tout pour une vraie nuit d'amour qui me ferait crier de plaisir…".

En 1958, elle rencontre Georges Moustaki et en 1960, elle fait la connaissance du compositeur Charles Dumont. En 1959, elle est épuisée par les abus de toutes sortes. Sa fortune qu'elle n'a jamais su gérer passe aux mains des profiteurs. Ses vrais amis impuissants s'en vont. Alors que tout semble vaciller autour d'elle, au début de l'été 1961, elle rencontra le dernier homme de sa vie, Théophanis Lamboukas dit Théo Sarapo, un jeune chanteur qui pourrait être son fils. Ils vivent une grande histoire d'amour et se marient le 9 octobre 1962. Ils chantent ensemble la chanson "A quoi ça sert l'amour". Mais, les méfaits de sa vie dissolue, de l'alcool et de la drogue l'ont prématurément usée et elle s'éteint dans une clinique de Marseille en octobre 1963 quelques heures avant Jean Cocteau. Sa dépouille mortelle sera remontée à Paris et le décès déclaré boulevard Lannes. Elle mourut couverte de dettes que son mari Théo Sarapo continuera de payer jusqu'à sa mort, d'un accident de voiture, le 28 août 1970. Il repose auprès d'Edith Piaf au cimetière du Père Lachaise à Paris.